J’ai lu ce livre juste après la rencontre avec l’auteure à ma librairie La Belle Lurette, une très jeune femme au regard intense vêtue d’un sweet capuche qui détonne un peu dans notre arrondissement plutôt bourgeois. J’ai aimé cette construction en courts chapitres et courtes phrases, avec une dimension presque incantatoire : ils commencent tous par « je m’appelle Fatima Daas, je suis » – et là viennent et reviennent différentes facettes de son identité. C’est justement ces différentes facettes qui ont du mal à cohabiter – croyante musulmane, dernière enfant de sa famille, française d’origine algérienne, rebelle, homosexuelle, poly amoureuse – qu’elle confronte pour essayer de se définir elle-même et de trouver sa place. Un récit d’inspiration autobiographique percutant.
Nathalie



Ce film/dessin animé fait découvrir un pan méconnu et peu glorieux de l’histoire française : l’enfermement de réfugiés espagnols ayant fui la dictature de Franco dans le camp de concentration de Rivesaltes, dans des conditions indignes et révoltantes. On y découvre l’histoire étonnante du dessinateur Josep Bartoli, enfermé dans ce camp et qui y dessine tout ce dont il est témoin. Il réussit à fuir vers le Mexique grâce au narrateur, un gendarme plein d’humanité avec qui il se lie d’amitié. J’ai beaucoup aimé cette évocation, les dessins originaux de Josep Bartoli,-un peu moins la façon d’animer les dessins de Aurel ; je recommande ce film.

Une femme qui sait que sa maladie va bientôt l’anéantir souhaite se donner la mort avec l’aide de son mari. Elle prévient et invite ses enfants, leurs compagne et compagnon, son petit-fils et sa meilleure amie à passer un dernier week-end tous ensemble avant de passer à l’acte. Ce week-end révèle et chamboule les liens et fractures au sein de la famille.
Je suis entrée très facilement et avec plaisir dans ce roman noir israélien recommandé par ma libraire, car il fait la part belle à des personnages féminins attachants et fait découvrir certains aspects de la société israélienne. La partie noire du roman arrive un peu par surprise à la fin de la première partie : on ne peut plus lâcher le livre avant la fin.
Ce « Journal d’un corps » est celui que le narrateur a tenu de ses 13 à ses 87 ans, année de sa mort en 2010. C’est une idée très originale que de parcourir une vie à travers les manifestations multiples du corps aux différents âges de la vie, de tout ce que ça implique à titre individuel et dans la sphère sociale, et c’est écrit avec l’inimitable et chaleureux style Pennac, même si on n’y retrouve pas l’excitation de ses romans aux intrigues improbables mais très bien tricotées. Cela amène forcément à se poser des questions sur soi-même et donnerait presque envie de faire son propre « journal d’un corps » (ça m’a remis du baume au cœur après la décevante lecture de la Loi du Rêveur, son dernier roman paru, qui m’a déçue).

















