Visioconférence gratuite avec un simple navigateur


Logos Skype et Jitsi (montage Godefroy Troude)

Les visioconférences sont un bon moyen de garder le contact avec ses proches. Mais des étapes préalables en rendent parfois l’accès complexe pour certains : installation d’une application, création d’un compte, incompatibilité avec certains systèmes d’exploitation, incompatibilité entre ordinateurs et smartphones, limitation de durée…

Voici deux solutions simples que j’ai testé avec succès jusque 17 participants :
Jitsi (open source) qui fonctionne directement sur Firefox, et de préférence Chrome.
Skype (Microsoft) qui fonctionne directement sur le navigateur Chrome. Continuer la lecture de « Visioconférence gratuite avec un simple navigateur »

Le Musée de la Poste à Paris

Le Musée de la Poste vient de rouvrir après sa rénovation. Je ne le connaissais pas avant mais j’ai trouvé très intéressante toute l’ histoire du transport du courrier, à pied, à cheval, en voiture, en train, en avion avec l’aventure de l’aéropostale, et même en montgolfière et pigeons voyageurs pendant la commune de Paris. Parmi les objets exposés, je citerais notamment : une carte du pourtour méditerranéen du XIIIe siècle avec tous les itinéraires représentés de façon aplatie comme pour les lignes de bus, les énormes bottes de postillon (postier à cheval) de 3kg chacune, un appareil à perforer les lettres venant de pays où il y avait le choléra pour les décontaminer, une robe en timbres, une lettre adressée à Henri IV avec la mention «décédé depuis 1610»…

https://www.museedelaposte.fr

Nathalie

Livre « De pierre et d’os » de Bérengère Cournut

Dans l’hiver polaire, une jeune fille est brutalement séparée de sa famille par une faille dans la glace sur laquelle ils campaient. Elle doit survivre en trouvant de la nourriture, en se mêlant à d’autres groupes familiaux, en sachant apprivoiser les esprits bienfaisants ou malfaisants… c’est un livre très poétique entrecoupé de chants d’esprits de la nature, d’ancêtres ou d’autres personnes des tribus que l’héroine rencontre. Il apporte un regard différent sur la relation avec la nature hostile mais déterminante pour la survie, les animaux dont on se nourrit, les ancêtres qui se réincarnent dans les bébés qui naissent… l’auteure a été en résidence au muséum d’histoire naturelle pour écrire ce livre et s’est beaucoup documentée sur les modes de vie Inuits.  J’ai lu ce livre dans des conditions idéales : à la montagne, bien au chaud mais entourée de paysages enneigés .

Nathalie

Livre « Eva dort » de Francesca Melandri

Premier des 3 livres écrits par Francesca Melandri, c’est le dernier que je lis. Décidément cette auteure me touche beaucoup : comme dans « Tous sauf moi » elle mêle à merveille les histoires romanesques aux personnages attachants ou intrigants qu’on suit sur plusieurs générations à la grande Histoire et la politique dont elle fait découvrir des pans méconnus (voire pour moi totalement inconnus) : dans « Eva dort » il s’agit de déchirements  nationalistes entre Allemands puis Autrichiens et Italiens du Tyrol Italien, appelé également Haut-Adige depuis les années 30 jusqu’aux années 60/70. Un très beau livre, beaucoup plus accessible que le formidable et ambitieux « Tous sauf moi ».

Nathalie

Graeme Allwright, gardons le souvenir


Graeme Allwright, « Le jour de clarté », 1968

Graeme Allwright nous a quittés. Artiste humble et sincère, passeur de la culture folk américaine, il appréciait tout autant créer ses propres chansons (« Garde le souvenir », « Viendras-tu avec moi ») qu’interpréter celles des autres comme Leonard Cohen (« Suzanne », « L’étranger ») ou encore Jackson Franck (« Je perd ou bien je gagne »). Son album « Le jour de clarté » m’a subjugué enfant dès la première écoute et me touche toujours autant. Un chant et des arrangements magnifiques de pureté : derrière une voix douce accompagnée d’une seule guitare et contrebasse, apparait un orgue mélancolique dans « L’étranger », une sorte de hautbois baroque sur « Garde le souvenir », ou juste la simplicité de deux guitares dans « Suzanne ».

Un beau et bref hommage de Bertrand Dicale, journaliste musical : « Graeme Allwright. Tristesse. Leonard Cohen lui donnait ses chansons à traduire en français ; il a traduit Brassens en anglais. Il a donné des hymnes aux gauchistes, aux scouts, aux pochtrons, aux punks à chien, aux centristes de gauche… Un bienfaiteur de l’humanité. Un vrai. »

Je recommande la lecture de la page de Papyblues, une belle et émouvante biographie, enrichie de photographies et extraits de ses chansons. Je partage pleinement son texte.

A écouter : sa longue interview « Graeme Allwright, le passeur » (France Culture, 2015, 2h30) : 1) Il faut que je m’en aille2) Le trimardeur3) L’étranger4) Le jour de clarté5) De passage

A voir: « Qui a tué Davy Moore ? » (enregistrement public, 1966, une très bonne adaptation d’une chanson de Bob Dylan à propos du décès du boxeur Davy Moore). Je ne retrouve pas totalement Graeme Allwright dans cet enregistrement, mais c’est le plus fidèle de ceux que j’ai pu trouver sur Internet.

Gardons le souvenir de Graeme Allwright.

Expo « Le monde nouveau de Charlotte Perriand » à la Fondation Louis Vuitton

J’avais regardé l’excellent documentaire diffusé sur ARTE à l’ouverture de l’exposition, en me disant que cela ferait office de découverte de cette artiste. Il m’a au contraire donné très envie d’en savoir encore plus et d’aller voir la magnifique et immense rétrospective Charlotte Perriand à la Fondation Louis Vuitton, avec des reconstitutions de ses créations en matière d’architecture et design, et des oeuvres d’artistes avec lesquels elle a directement collaboré ou qui ont marqué eux-aussi le XXe siècle. On reste pantois devant le coté visionnaire de cette femme au caractère bien trempé, qui avait su l’associer avec une approche pragmatique et humaine, et intégrer pleinement les cultures qu’elle a pu découvrir à travers ses voyages.

Pour les Franciliens, à voir jusque fin février à la Fondation Louis Vuitton dans le bois de Boulogne

Nathalie

Exposition Gemito, sculpteur napolitain, au Petit Palais

Une vraie révélation que cette belle exposition de Gemito, sculpteur méconnu et précoce, au destin fulgurant, issu d’un milieu populaire de Naples et qui vécut durant la 2e moitié du XIXe siècle.  J’ai adoré ses sculptures fortes et émouvantes de têtes d’enfants des rues, ainsi que plusieurs de ses portraits de ses amis peintres ou de personnages publics.

Pour les Parisiens, cette exposition se tient encore jusqu’au 26 janvier.

Nathalie

Neil Young : « L’avenir appartient à Greta Thunberg et sa génération »


Neil Young, en 2016 (photo Rich Fury, Invision)

A 73 ans et une quarantaine d’albums, le chanteur et compositeur Neil Young, publie son nouvel album « Colorado » engagé en faveur de l’écologie planétaire. Il témoigne de son admiration pour Greta Thunberg et fustige les Collapsologues.

Neil Young : « L’avenir appartient à Greta Thunberg et à sa génération. Ces types actuellement au pouvoir aux États-Unis, en Angleterre, au Brésil, ne sont que des losers, des représentants d’un monde et d’un système en bout de course. Ils vivent dans le passé, croyant qu’ils peuvent arrêter la marche du temps. Il existe un décalage de plus en plus grand entre nos leaders et le peuple, surtout les jeunes. Ça ne peut pas durer.  […] Je me bats pour les choses qui comptent réellement. Pour moi, pour la planète, pour l’humanité. […] Avec tout ce qui passe actuellement à travers la planète, ce serait criminel d’être pessimiste. Une excuse pour ne rien faire. Il faut agir ici et maintenant, pas juste regarder le bateau couler. »
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Expo « Dos à la mode » au Musée Bourdelle

Jolie exposition au Musée Bourdelle, près de la gare Montparnasse, qui se tient jusqu’au 17 novembre 2019 : on y voit des vêtements, surtout des robes des dernières décennies mais pas seulement, installés avec élégance ou humour parmi des sculptures de Bourdelle.  Leur dos très travaillé est mis à l’honneur, partie du corps qui est d’habitude la moins montrée dans la mode. Il y a bien sûr la robe de Mireille d’Arc dans « le Grand Blond » mais aussi beaucoup d’autres qui laissent rêveurs ou admiratifs. Presque aussi réussie que l’exposition Balenciaga il y a quelques années dans ce même musée Bourdelle, qui était éblouissante, et qui m’avait donné envie de voir celle-ci bien que je sois tout sauf une fashion victim :-).

Nathalie

Livre « Plus haut que la mer » de Francesca Melandri

Ayant adoré le 3e livre de Francesca Melandri « Tous, sauf moi » , commenté dans ce blog, je m’étais promis de lire les 2 premiers ouvrages de la même auteure. Il évoque la rencontre de deux personnages ayant en commun d’avoir un parent -son mari pour Luisa, son fils pour Paolo- incarcéré dans une prison de haute sécurité  située dans une île loin de tout, et qui vont s’y retrouver retenus pendant une nuit, où nous découvrirons petit à petit leur histoire et la façon dont ils vivent cette situation.  « Plus haut que la mer » n’a pas la même ambition historique et romanesque que « Tous sauf moi », mais c’est une très touchante et sobre histoire de rencontre et d’un possible amour sur fond de monde carcéral. L’île est un personnage à part entière, avec ses odeurs, sa géographie, ses habitants très particuliers. L’écriture est très fluide et sensible, j’ai beaucoup aimé. A bientôt donc pour le 3e livre « Eva dort » qui est le premier de l’auteure.

Nathalie

Livre « Les Feux de l’automne » Irène Némirovsky

Dans le cadre du club littéraire de ma librairie préférée, j’ai dû choisir un livre sur la période de l’entre-deux guerres. Ayant lu et apprécié « le bal » et « suite française » d’Irène Némirovsky, je me suis plongée dans « les feux de l’automne » malgré le titre un peu mièvre… et en ne pouvant oublier qu’en 1942, un an après avoir écrit ce livre -paru de façon posthume-, l’auteure allait mourir en camp d’extermination. 

L’histoire commence avant la guerre dans la petite bourgeoisie parisienne, et se prolonge jusqu’au milieu de la 2e guerre mondiale. On y suit les vies de plusieurs personnages : ceux qui ont compris comment profiter pleinement des affaires éventuellement louches et de la vie facile de la période, ceux qui restent modestement dans leur condition, et le personnage le plus intéressant, Bernard, qui oscille entre les deux destins possibles, marqué à vie après avoir vécu l’abjection de la première guerre dans les tranchées.

Je reste un peu sur ma faim sur la description de la période elle-même -beaucoup d’éclipses où on retrouve les personnages quelques années plus tard-, et pas très convaincue par le personnage féminin principal, extrêmement passif, alors que je garde le souvenir de davantage d’esprit et d’originalité dans les écrits pré-cités. 

Nathalie

 

Peter Fonda


Peter Fonda (photo extraite du film « Easy Rider »)

Hommage à Peter Fonda qui nous a quittés le 16 août 2019. Sa longue carrière cinématographique restera pour moi liée à l’emblématique « Easy Rider » (dont il fut co-interprète et co-scénariste avec Dennis Hopper) où le cowboy solitaire américain, chevauchant désormais une moto puissante, rencontre la culture Hippie et libertaire des années 60. Peter Fonda rejoint aujourd’hui Dennis Hopper, disparu en 2010. Continuer la lecture de « Peter Fonda »

Livre « J’ai couru vers le Nil » de Alaa El Aswany

Je recommande très vivement le passionnant et édifiant nouveau livre de Alaa El Aswany « J’ai couru vers le Nil » , dont j’avais beaucoup apprécié « l’immeuble Yacoubian ». Ce nouveau livre évoque la révolution égyptienne de 2011 vue par plusieurs protagonistes de tous bords, traduisant l’idéalisme de jeunes prêts à tout sacrifier mais aussi le cynisme glaçant des pouvoirs militaires, religieux et médiatiques pour détruire le mouvement et ses participants. En plus de ses qualités littéraires qui font qu’on ne veut plus lâcher le livre une fois commencé, je ne peux qu’être admirative du courage de l’auteur :  son livre est censuré en Egypte et il est poursuivi par le Tribunal Militaire depuis le 14 mars. Il vit aujourd’hui à New York et a saisi le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection de la liberté d’expression de l’ONU.

Nathalie

Livre « Tous, sauf moi » de Francesca Melandri, 2019

« Attilio Profeti, quatre-vingt-treize ans, est officiellement père de trois fils, et d’une fille, Ilaria, qui découvre un matin sur son pallier un jeune éthiopien se disant être son neveu, et le petit-fils d’Attilio. » 

Je conseille très chaudement « Tous, sauf moi » de Francesca Mélandri, roman magistral un peu exigeant mais à l’écriture d’une grande finesse, qui évoque, autour des révélations progressives sur le passé d’un personnage trouble, père de l’héroïne, l’Italie mussolinienne, la colonisation  en Ethiopie, les magouilles berlusconniennes et l’histoire récente avec les migrants. J’ai adoré et me réjouis à la perspective de lire les 2 précédents livres de cette auteure.

par Nathalie

Johnny Clegg – La joie et l’amour contre l’Apartheid


1988. Dudu Zulu et Johnny Clegg, Zénith de Paris (photo Ebet Roberts-Dalle)

Johnny Clegg, c’était la joie et l’amour contre l’Apartheid. Engagé dès l’adolescence dans la danse et la musique Zoulou qui le fascinaient, son duo avec Sipho, puis ses groupes Juluka et Savuka, ont contribué à l’évolution politique en Afrique du Sud.

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Michel Serres a rejoint les étoiles


Michel Serres (photo DR)

Érudit optimiste, amoureux de la langue, de l’océan, des cultures et des sciences, merveilleux vulgarisateur du savoir, Michel Serres nous a quittés hier en pleine jeunesse à 88 ans.

Sa sympathie bienveillante reste néanmoins avec nous grâce à la magie du livre, des enregistrements sonores et vidéo. Ci-dessous, extraits d’entretiens récents accordés au journal Le Monde, puis d’enregistrements audio à écouter sur le site de France Culture, et l’exemplaire série scientifique « Tours du Monde, tours du ciel » dont il a rejoint les étoiles. Continuer la lecture de « Michel Serres a rejoint les étoiles »

Expo « Jacqueline Duhême, une vie en couleurs » à la Bibliothèque Forney

L’imagière Jacqueline Duhème est un personnage haut en couleurs, que j’ai découverte dans l’émission « A voix nue » de France Culture il y a quelques années*. Sa vie étonnante et sa gouaille inimitable m’avaient fait me ruer à La Belle Lurette, ma librairie préférée, pour acheter puis dévorer « Une vie en crobards », son autobiographie illustrée -à lire absolument- ! Je rêvais d’une exposition qui lui rende hommage, la bibliothèque Forney, située au 1 rue du Figuier dans le 4e arrondissement de Paris, l’a fait. Vous y découvrirez tout son univers : illustrations de textes d’écrivains et poètes, reportages dessinés (visite des Kennedy en France, voyage de De Gaulle en Amérique latine…), cartons de tapisserie, .. plein de vie, de fantaisie, de malice et de poésie. C’est jusqu’au 13 juillet, du mardi au samedi de 13h à 19h, entrée gratuite !

*A podcaster sur France Culture en 5 émissions :
1) Les fesses des anges (29mn)
2) Petite main chez Matisse (29 mn)
3) Une vie en crobards (29 mn)
4) L’oiseau philosophie (29 mn)
5) Tistou les pouces verts (29mn)

Nathalie

Exposition « Mobile/Immobile » aux Archives nationales jusqu’au 29 avril 2019

Une passionnante exposition proposée par le Forum Vies Mobiles (une association émanant de la SNCF) qui marie l’art -superbes photos, BD, installations vidéos, objets…- et la recherche pour nous faire réfléchir sur les transformation passées, présentes et à venir de nos sociétés et modes de vie à travers le prisme de la mobilité : comment elle s’est développée depuis le XIXe siècle, qui la choisit, qui la subit, les actions développées pour la contrôler, et les conséquences de nos choix pour demain, notamment sur l’environnement.

Nathalie

« Le Misanthrope » mis en scène par Peter Stein avec Lambert Wilson

Lambert Wilson est un Misanthrope  que je n’oublierai pas, tour à tour austère, moralisateur, fougueux et souffrant de ses contradictions. J’ai savouré le texte de Molière qui dénonce avec beaucoup de modernité  l’hypocrisie d’une société de cour, mais aussi l’orgueil et la vanité de vouloir la refuser en bloc. Les comédiens qui entourent Lambert Wilson sont bien sûr un peu éclipsés mais je les ai tous trouvés très justes.  Je ne connaissais pas Peter Stein et me méfiais d’une trop grande mise en avant d’un metteur en scène célèbre,  mais au contraire, dans un décor sobre et des costumes élégants, il s’est entièrement mis au service du texte et du jeu d’acteurs. Intense !

Nathalie