« Ce qu’il faut de nuit », roman de Laurent Petitmangin

Un père d’un milieu ouvrier modeste de Lorraine élève seul ses deux garçons après la longue maladie puis le décès de sa femme. Il est effondré quand il découvre que son grand adolescent fréquente des extrémistes de droite, lui qui est engagé à gauche depuis toujours. S’ouvre une période de silences et de non- dits pour s’accommoder tant bien que mal de la vie quotidienne car tous les deux souhaitent tacitement protéger le plus jeune frère. Une escalade de violence va entrainer la relation père – fils dans une situation extrème.

Ce livre écrit dans un style simple et modeste m’a touchée car j’y ai lu le déchirement de voir ce qu’on a de plus cher au monde devenir un étranger qui représente tout ce qu’on abomine, ainsi que l’accablement et l’incapacité à exprimer la souffrance ressentie.

Nathalie

 

« No logo, la tyrannie des marques » essai de Naomie Klein

En attaquant ce pavé de 800 pages, je pensais lire une virulente et utile diatribe antimarketing, mais ce livre paru en 2000 est bien plus que ça.
J’en retiens notamment l’analyse du recentrage sur le marketing et la publicité de grandes marques mondiales – Nike, Gap, Coca Cola, Starbucks et bien d’autres dont les pratiques sont décortiquées – qui ont progressivement sous traité leur production à des usines situées souvent dans des zones franches de pays pauvres, où les droits des travailleurs, voire les droits élémentaires humains sont bafoués avec la complicité de l’État et de l’armée, et où, du jour au lendemain, cette production peut être relocalisée dans une autre zone franche où les coûts de production sont encore plus bas.

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Podcast « A voix nue » avec Marjane Satrapi

Dessinatrice et auteure de Persepolis, peintre et réalisatrice, Marjane Satrapi est née en Iran en 1969 dans une famille progressiste. Elle a dix ans et elle vit à Téhéran au moment de la Révolution islamique.

Dans cette série d' »A Voix Nue » de 5 émissions d’1/2heure sur France Culture, elle évoque sa vie en Iran et France, sa vision très personnelle et souvent rebelle des choses, ses convictions, ses révoltes, son amour de Paris et de la gastronomie française, et mille autres choses passionnantes encore -le tout avec punch, sincérité , élégance et franc parler-. Un régal !

Voici le lien vers le 1er épisode, les autres sont sur les podcasts d' »à voix nue ».

https://www.franceculture.fr/emissions/a-voix-nue/marjane-satrapi-15-construction-dune-rebelle

Nathalie

Livre « La petite dernière » de Fatima Daas

J’ai lu ce livre juste après la rencontre avec l’auteure à ma librairie La Belle Lurette, une très jeune femme au regard intense vêtue d’un sweet capuche qui détonne un peu dans notre arrondissement plutôt bourgeois. J’ai aimé cette construction en courts chapitres et courtes phrases, avec une dimension presque incantatoire : ils commencent tous par « je m’appelle Fatima Daas, je suis » – et là viennent et reviennent différentes facettes de son identité. C’est justement ces différentes facettes qui ont du mal à cohabiter -croyante musulmane, dernière enfant de sa famille, française d’origine algérienne, rebelle, homosexuelle, poly amoureuse- qu’elle confronte  pour essayer de se définir elle-même et de trouver sa place. Un récit d’inspiration autobiographique percutant.

Nathalie

« Un jour ce sera vide » – Hugo Lindenberg

Ce livre nous ouvre l’univers d’un enfant de 10 ans, solitaire en quête désespérée d’affection, qui vit avec sa grand mère suite au décès de ses parents.
C’est autour de l’observation d’une méduse sur une plage en Normandie qu’il rencontre un autre garçon spontané et solaire, à qui il voue aussitôt une amitié absolue, cherchant à se faire accepter par lui et sa mère qu’il idéalise, et à lui cacher sa propre grand-mère qu’il adore mais qui lui fait un peu honte et surtout sa tante qu’il voit comme folle et repoussante.
Avec une écriture fluide, évocatrice et pleine d’images, l’auteur nous embarque dans le quotidien et les perceptions de cet enfant au cours de ces semaines d’été, qui mélangent le réel et l’imaginaire sans qu’on sache toujours la limite entre les deux, ce qui rend le livre particulièrement touchant.

Nathalie

Roman noir « Une, deux, trois » de Dror Mishani

Je suis entrée très facilement et avec plaisir dans ce roman noir israélien recommandé par ma libraire, car il fait la part belle à des personnages féminins attachants et fait découvrir certains aspects de la société israélienne. La partie noire du roman arrive un peu par surprise à la fin de la première partie : on ne peut plus lâcher le livre avant la fin.

Nathalie

Roman « Le journal d’un corps » de Daniel Pennac

Ce « journal d’un corps » est celui que le narrateur a tenu de ses 13 à ses 87 ans, année de sa mort en 2010. C’est une idée très originale que de parcourir une vie à travers les manifestations multiples du corps aux différents âges de la vie, de tout ce que ça implique à titre individuel et dans la sphère sociale, et c’est écrit avec l’inimitable et chaleureux style Pennac -même si on n’y retrouve pas l’excitation de ses romans aux intrigues improbables mais très bien tricotées-. Cela amène forcément à se poser des questions sur soi-même et donnerait presque envie de faire son propre « journal d’un corps ».(Ca m’a remis du baume au coeur après la décevante lecture de la Loi du Rêveur, son dernier roman paru, qui m’a déçue.)

Nathalie

15 livres qui m’ont marqué

(montage Godefroy Troude)

Quelques livres qui m’ont marqué, dans différentes catégories (romans, biographies, encyclopédies…) et différents domaines (humour, sciences, cinéma, publicité…). À la demande d’une amie m’invitant à publier sur Facebook les couvertures de 10 livres, un par jour, je me suis pris au jeu de cet exercice inhabituel et en ai sélectionné au final 15, réunis ci-dessous accompagnés d’un bref descriptif. Continuer la lecture de « 15 livres qui m’ont marqué »

Livre « L’usage du monde » de Nicolas Bouvier

Un récit  passionnant qui relate le voyage fait en voiture en 1953-1954 par l’auteur et un ami peintre, depuis la Yougoslavie, en passant par la Grèce, la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan et le Pakistan. Ils restent parfois plusieurs semaines dans certains endroits, retenus par les conditions climatiques, ou pour gagner un peu d’argent pour subvenir à leurs besoins grâce à des conférences ou des expositions.
Beaucoup de sensibilité et d’humanisme dans la description des personnes et situations rencontrées. J’ai connu ce livre en format livre audio, très bien raconté, et je ne me lasse pas de le réécouter, une invitation au voyage et à l’ouverture sur le monde, datant de seulement 8 ans après la fin de la seconde guerre mondiale. 
Nathalie

Livre « La porte des enfers » de Laurent Gaudé

C’est l’un des rares romans que je n’avais pas encore lu de mon auteur français contemporain préféré, sans doute car j’avais un peu d’appréhesion à me confronter à ce livre qui parle de la mort d’un enfant. J’ai senti le moment venu en avril dernier pour commencer ma lecture, et j’y ai retrouvé cet écriture  limpide et intemporelle d’un auteur qui sait comme personne parler des grandes tragédies humaines (les migrants dans Eldorado, l’irruption d’un cyclone dans Ouragan…).
Dans ce livre, on passe de la ville de Naples, superbement décrite, au pays des morts où un père chauffeur de taxi frappé par le malheur va tenter d’aller rechercher son fils tué par une balle perdue dans un règlement de compte.
Une citation : « C’est la règle du pays des morts, continua Mazerotti. Les ombres auxquelles on pense encore dans le monde des vivants, celles dont on honore la mémoire et sur lesquelles on pleure, sont lumineuses. Elles avancent vers le néant imperceptiblement. Les autres, les morts oubliés, se ternissent et glissent à toute allure vers le centre de la spirale. »
Nathalie

Roman graphique « Manabé Shima » de Florent Chavouet

Ce roman graphique / récit de voyage de Florent Chavouet est particulièrement attachant, grace au regard tendre, plein d’humour et d’humilité que ce jeune auteur pose sur les habitants d’une toute petite île non touristique du Japon où il est allé passé 6 mois. Les dessins aux innombrables détails avec les commentaires associés nous donnent un peu l’impression de nous être nous aussi immergés dans un petit coin paisible et reculé de la société japonaise contemporaine.
Cerise sur la gâteau, mon exemplaire possède une dédicace dessinée par l’auteur rencontré au Salon du livre grâce à mon frère Denis qui l’apprécie beaucoup également.
Nathalie

Livre « Certaines n’avaient jamais vu la mer » de Julie Otsuka

Pour le thème mensuel de mon club de lecture «  un livre inventif sur le plan du langage et /ou du style », j’ai choisi de relire ce livre qui m’avait beaucoup plu et ému il y a quelques années.
Il raconte l’histoire de femmes japonaises envoyées aux Etats Unis au début du XXe siècle pour être mariées à des compatriotes qu’elles ne connaissaient pas, qui avaient émigré avant elles pour trouver fortune dans cet eldorado. Espérant trouver une vie meilleure que la misère de leur terre japonaise, elles ont découvert des hommes durement exploités au service de l’expansion du pays, et ont dû faire face à cette vie difficile pour pouvoir, au fil des années, fonder leur propre famille et conquérir leur part du rêve américain… Avant que ne survienne la 2e guerre mondiale où leur origine japonaise les rendit suspectes aux yeux de la population.
J’avais gardé l’impression d’un style étonnant, basé sur la répétition hypnotique voire obsédante du pronom « nous » pour décrire le destin commun mais aussi les particularités individuelles. Cela m’a donné une impression forte de vagues successives qui représentent différentes phases de la vie de ces femmes, composées de milliers de gouttelettes individuelles, chacune avec sa vie propre. Il m’a également fait découvrir un pan de l’histoire américaine et japonaise que j’ignorais totalement. Et ce qui ne gâte rien, j’ai été particulièrement sensible à l’édition et à la photo de couverture de ce livre qui a reçu le Prix Fémina Etranger 2012, que j’ai trouvées très belles.
Nathalie

Livre « Destiny », de Pierrette Fleutiaux

Destiny est une jeune migrante sur le point d’accoucher quand Anne, une parisienne d’une soixantaine d’année à l’esprit ouvert, la croise dans le métro parisien et lui apporte son aide pour l’emmener à l’hôpital. Elle reviendra voir Destiny et la suivra dans son parcours souvent chaotique, découvrant par bribes l’histoire et la personnalité de cette jeune femme indépendante, imprévisible et fière, et s’attachant petit à petit à elle.
Ce livre m’a été conseillé pour le thème de mon club de lecture « un fait de société ». Passées les quelques premières pages dont je n’ai pas beaucoup aimé le style, je me suis plongée dans cette histoire écrite de façon très directe voire parfois un peu « brute », sans apitoiement ou mièvrerie mais de façon très humaine, et qui amène, à travers ce personnage d’Anne à nous questionner sur l’autre qui est à notre porte, sur nos gestes de solidarité ou notre façon de nous tenir à distance. Le récit d’une belle rencontre.
Nathalie

Livre « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon » de Jean-Paul Dubois

Le narrateur purge une peine de deux ans pour tentative de meurtre dans une prison à Montréal. Danois par son père pasteur et Français par sa mère qui dirige un petit cinéma d’art et d’essai à Toulouse, il alterne la description de son quotidien et de son état d’esprit en prison, et un récit chronologique de sa vie qui ne laisse pas présager de la situation qui va le conduire en prison.
Comme d’autres livres que j’ai lus du même auteur, ce livre à la structure classique se lit facilement, on fait connaissance de ses personnages inhabituels et hauts en couleur et de leurs questionnements existentiels, un peu à la manière de Paul Auster (mais en beaucoup moins profond et marquant selon moi).
Dans un tout autre style, je recommande vivement du même auteur le désopilant « Vous plaisantez Monsieur Tanner » sur les mille et une vicissitudes rencontrées lors de la rénovation d’une vieille maison familiale.
Nathalie

Livre « De pierre et d’os » de Bérengère Cournut

Dans l’hiver polaire, une jeune fille est brutalement séparée de sa famille par une faille dans la glace sur laquelle ils campaient. Elle doit survivre en trouvant de la nourriture, en se mêlant à d’autres groupes familiaux, en sachant apprivoiser les esprits bienfaisants ou malfaisants… c’est un livre très poétique entrecoupé de chants d’esprits de la nature, d’ancêtres ou d’autres personnes des tribus que l’héroine rencontre. Il apporte un regard différent sur la relation avec la nature hostile mais déterminante pour la survie, les animaux dont on se nourrit, les ancêtres qui se réincarnent dans les bébés qui naissent… l’auteure a été en résidence au muséum d’histoire naturelle pour écrire ce livre et s’est beaucoup documentée sur les modes de vie Inuits.  J’ai lu ce livre dans des conditions idéales : à la montagne, bien au chaud mais entourée de paysages enneigés .

Nathalie

Livre « Eva dort » de Francesca Melandri

Premier des 3 livres écrits par Francesca Melandri, c’est le dernier que je lis. Décidément cette auteure me touche beaucoup : comme dans « Tous sauf moi » elle mêle à merveille les histoires romanesques aux personnages attachants ou intrigants qu’on suit sur plusieurs générations à la grande Histoire et la politique dont elle fait découvrir des pans méconnus (voire pour moi totalement inconnus) : dans « Eva dort » il s’agit de déchirements  nationalistes entre Allemands puis Autrichiens et Italiens du Tyrol Italien, appelé également Haut-Adige depuis les années 30 jusqu’aux années 60/70. Un très beau livre, beaucoup plus accessible que le formidable et ambitieux « Tous sauf moi ».

Nathalie

Convention citoyenne pour le Climat

D’octobre 2019 à juin 2020, la Convention Citoyenne pour le Climat a élaboré des propositions visant à « réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici à 2030, dans un esprit de justice sociale ». Cette page, actualisée régulièrement, en fait le suivi depuis les premiers débats jusqu’aux conclusions présentées au gouvernement. [article mis à jour le 01/07/2020]

La Convention Citoyenne pour le Climat, annoncée par le Président de la République le 25 avril 2019, missionnée par le Premier ministre le 2 juillet 2019, s’est tenue du 4 octobre 2019 au 21 juin 2020 au siège du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Dotée d’un budget de 4 millions d’euros, elle a réuni 150 citoyens tirés au sort représentatifs de la société française (assistés d’un comité de gouvernance, d’experts, de juristes et de garants d’indépendance).

Après deux premières sessions de formation, les citoyens ont dirigé les travaux, ont mené des ateliers de réflexion en sous-groupes, confrontant les idées en assemblée plénière, invitant de nombreuses personnalités (scientifiques, banquiers, promoteurs, associations…) et demandant des rapports (un socle d’information important a été réuni totalisant plus de 900 pages). Ils ont également été nombreux hors sessions à poursuivre les discussions dans leurs régions ou sur Internet. Chaque français a pu également intervenir en devenant un acteur relais de la convention en envoyant ses idées et contributions sur le site de la Convention Citoyenne. Les propositions législatives et réglementaires de cette convention étant destinées à être soumises soit à référendum, soit au vote du parlement, soit à application réglementaire directe. Le calendrier des sessions a été modifié en raison des grèves de transport puis de la pandémie du Coronavirus. Lors de la session de clôture des 19-21 juin 2020 les citoyens de la Convention ont voté 104 propositions au sein d’un rapport de 460 pages, présentées au Ministre de la Transition écologique et solidaire et chargée des Transports, Elisabeth Borme chargée de représenter le Président de la République Emmanuel Macron.

Dans cet article :
A) Participants et planning
B) Quelques citations clés
C) Sessions de travail, avec vidéos et retranscriptions :
. . . 1) 04/10/2019 (S1, J1)
. . . 2) 05/10/2019 (S1, J2)
. . . 3) 06/10/2019 (S1, J3)
. . . 4) 25/10/2019 (S2, J1)
. . . 5) 26/10/2019 (S2, J2)
. . . 6) 27/10/2019 (S2, J3)
. . . 7) 15/11/2019 (S3, J1)
. . . 8) 16/11/2019 (S3, J2)
. . . 9) 17/11/2019 (S3, J3)
. . . 10) 10/01/2020 (S4, J1)
. . . 11) 16/01/2020 (S4, J2)
. . . 12) 12/01/2020 (S4, J3)
. . . 13) 07/02/2020 (S5, J1)
. . . 14) 08/02/2020 (S5, J2)
. . . 15) 09/02/2020 (S5, J3)
. . . 16) 06/03/2020 (S6, J1)
. . . 17) 07/03/2020 (S6, J2)
. . . 18) 08/03/2020 (S6, J3)
. . . 19) 03/04/2020 (S. Extr, J1)
. . . 20) 04/04/2020 (S. Extr, J2)
. . . 21) 19/06/2020 (S7, J1)
. . . 22) 20/06/2020 (S7, J2)
. . . 23) 21/06/2020 (S7, J3) et Remise du rapport au gouvernement
D) Liens
E) Reportage sur place
F) Réflexions
G) Réponse du Président de la République

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BD « Dans la combi de Thomas Pesquet » de Marion Montaigne

Marion Montaigne croque avec malice et talent l’aventure spatiale de Thomas Pesquet, depuis la sélection draconienne et l’entrainement au long cours jusqu’au retour après 6 mois passés à bord de l’ISS. Moins passionnée par le sujet spatial que certains de mes proches, je me suis lancée un peu tardivement dans la lecture de ce roman graphique, mais une fois commencé je ne l’ai plus lâché : un récit plein d’humour et de malice, et très instructif qui plus est ! Je vous le conseille vivement 🙂
Nathalie

Livre « Plus haut que la mer » de Francesca Melandri

Ayant adoré le 3e livre de Francesca Melandri « Tous, sauf moi » , commenté dans ce blog, je m’étais promis de lire les 2 premiers ouvrages de la même auteure. Il évoque la rencontre de deux personnages ayant en commun d’avoir un parent -son mari pour Luisa, son fils pour Paolo- incarcéré dans une prison de haute sécurité  située dans une île loin de tout, et qui vont s’y retrouver retenus pendant une nuit, où nous découvrirons petit à petit leur histoire et la façon dont ils vivent cette situation.  « Plus haut que la mer » n’a pas la même ambition historique et romanesque que « Tous sauf moi », mais c’est une très touchante et sobre histoire de rencontre et d’un possible amour sur fond de monde carcéral. L’île est un personnage à part entière, avec ses odeurs, sa géographie, ses habitants très particuliers. L’écriture est très fluide et sensible, j’ai beaucoup aimé. A bientôt donc pour le 3e livre « Eva dort » qui est le premier de l’auteure.

Nathalie

Livre « Les Feux de l’automne » Irène Némirovsky

Dans le cadre du club littéraire de ma librairie préférée, j’ai dû choisir un livre sur la période de l’entre-deux guerres. Ayant lu et apprécié « le bal » et « suite française » d’Irène Némirovsky, je me suis plongée dans « les feux de l’automne » malgré le titre un peu mièvre… et en ne pouvant oublier qu’en 1942, un an après avoir écrit ce livre -paru de façon posthume-, l’auteure allait mourir en camp d’extermination. 

L’histoire commence avant la guerre dans la petite bourgeoisie parisienne, et se prolonge jusqu’au milieu de la 2e guerre mondiale. On y suit les vies de plusieurs personnages : ceux qui ont compris comment profiter pleinement des affaires éventuellement louches et de la vie facile de la période, ceux qui restent modestement dans leur condition, et le personnage le plus intéressant, Bernard, qui oscille entre les deux destins possibles, marqué à vie après avoir vécu l’abjection de la première guerre dans les tranchées.

Je reste un peu sur ma faim sur la description de la période elle-même -beaucoup d’éclipses où on retrouve les personnages quelques années plus tard-, et pas très convaincue par le personnage féminin principal, extrêmement passif, alors que je garde le souvenir de davantage d’esprit et d’originalité dans les écrits pré-cités. 

Nathalie

 

Livre « Le dernier amour d’Attila Kiss » de Julia Kerninon

« Attila Kiss, cinquantenaire hongrois en bout de course, tombe amoureux d’une jeune Viennoise riche et cultivée. Tout les sépare : la classe sociale, l’Histoire de l’Empire austro-hongrois, l’ancien mur entre l’Est et l’Ouest. »

J’ai été intriguée et me suis laissée entrainer par l’ histoire d’amour, écrite sans fioritures, de ces deux personnages aux antipodes l’un de l’autre, et le fait que le héros ne puisse s’empêcher de faire porter à l’être aimé le poids de sa nationalité, sa condition sociale et de l’histoire.

par Nathalie

Livre « J’ai couru vers le Nil » de Alaa El Aswany

Je recommande très vivement le passionnant et édifiant nouveau livre de Alaa El Aswany « J’ai couru vers le Nil » , dont j’avais beaucoup apprécié « l’immeuble Yacoubian ». Ce nouveau livre évoque la révolution égyptienne de 2011 vue par plusieurs protagonistes de tous bords, traduisant l’idéalisme de jeunes prêts à tout sacrifier mais aussi le cynisme glaçant des pouvoirs militaires, religieux et médiatiques pour détruire le mouvement et ses participants. En plus de ses qualités littéraires qui font qu’on ne veut plus lâcher le livre une fois commencé, je ne peux qu’être admirative du courage de l’auteur :  son livre est censuré en Egypte et il est poursuivi par le Tribunal Militaire depuis le 14 mars. Il vit aujourd’hui à New York et a saisi le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection de la liberté d’expression de l’ONU.

Nathalie

Livre « Tous, sauf moi » de Francesca Melandri, 2019

« Attilio Profeti, quatre-vingt-treize ans, est officiellement père de trois fils, et d’une fille, Ilaria, qui découvre un matin sur son pallier un jeune éthiopien se disant être son neveu, et le petit-fils d’Attilio. » 

Je conseille très chaudement « Tous, sauf moi » de Francesca Mélandri, roman magistral un peu exigeant mais à l’écriture d’une grande finesse, qui évoque, autour des révélations progressives sur le passé d’un personnage trouble, père de l’héroïne, l’Italie mussolinienne, la colonisation  en Ethiopie, les magouilles berlusconniennes et l’histoire récente avec les migrants. J’ai adoré et me réjouis à la perspective de lire les 2 précédents livres de cette auteure.

par Nathalie

« Brexit Romance » de Clémentine Beauvais

Ce roman d’ado, salué également par la presse adulte, a été offert à ma fille de 13 ans pour Noël. Elle l’a dévoré comme jamais, c’est devenu son livre préféré. Cela m’a donné envie de le lire ! L’histoire : une jeune fille extravertie  ne se résignant pas au Brexit monte une start up officieuse pour faire des mariages blancs entre jeunes britanniques voulant conserver un passeport européen -et toutes les perpectives d’ouverture et de rencontre qu’il procure- et jeunes européens voulant tenter leur chance quelques années à Londres. Evidemment les sentiments s’en mèlent et cela crée des situations détonnantes et improbables au sein de son entourage hétéroclite, sur fond d’utilisation intensive des réseaux sociaux. Bien sympa à lire, dans un style très « 2.0 » !

Nathalie

« Vers la sobriété heureuse » de Pierre Rabhi

Ce livre de 2010 va plus loin que les récits et interviews de Pierre Rabhi que j’avais pu voir et entendre jusqu’ici et m’a donné à réfléchir sur moi-même et la société dans laquelle nous vivons. Avec beaucoup de douceur et de poésie dans la formulation, et en partant de ses propres expérience et sensibilité, il se livre à une critique implacable du système capitaliste et consumériste dans lequel nous vivons, dont il dénonce la toute-puissance de la finance « hors sol » et les ressorts de la création d’envies artificielles qui nous emmènent à notre perte. Il évoque l’importance d’une éducation connectée à la nature et non basée sur la compétition, car comme il le dit il ne suffit pas  de se demander « quelle planète laisserons-nous à nos enfants ? »;  mais aussi « quels enfants laisserons-nous à notre planète? ».

Nathalie

« Jacob, Jacob » de Valérie Zenatti

Un livre plein de sensibilité, de délicatesse et d’énergie retraçant la vie d’un jeune homme rêveur et musicien au sein de sa famille juive très modeste vivant à Constantine en Algérie, enrôlé à l’armée en 1944 pour le débarquement de Provence, et dont cette guerre lointaine va modifier à jamais le destin.
Ce livre paru en 2014 a reçu notamment le prix du livre Inter 2015.

Nathalie

« Les cahiers d’Esther, Histoire de mes 11 ans » de Riad Sattouf

On reconnait bien le style de l’auteur de « l’arabe du futur », qui chronique la vie quotidienne d’une pré-adolescente de 11 ans à Paris de nos jours. C’est la fille d’amis à lui, qui lui raconte les copains, la famille, les disputes et réconciliations, les grandes et petites questions qu’elle se pose sur la société et sur sa vie… Ambiance un peu plus trash que celle que nous fait percevoir notre propre fille de 11 ans dans son école publique, qui a néanmoins bien apprécié le livre.

Nathalie

Livre : « L’arabe du futur 1 » Riad Sattouf

Résumé : Riad, petit parisien, suit sa famille en Lybie, puis en Syrie, où son père,  instituteur syrien, a trouvé du travail. Sa mère, française, n’est pas aussi enthousiaste. Arrivé en Syrie, son père retrouve toute son enfance : les fruits qu’il cueillait dans les arbres avec ses amis, la citerne peut ragoûtante où il se baignait, les vieilles ruines dans lesquelles il faisait ses besoins. Riad trouve ce pays un peu bizarre mais finit par s’y faire. Continuer la lecture de « Livre : « L’arabe du futur 1 » Riad Sattouf »

Livre : « Arsène Lupin, l’aiguille creuse » Leblanc

Résumé : Lorsqu’ Isidore Beautrelet, jeune lycéen, apprend le meurtre de deux hommes au château d’Ambrumésy, en Normandie, il accourt sur les lieux du crime, et se fait passer pour un journaliste. Il réussit à trouver la véritable identité de la seconde victime avant les autres détectives. Mais cela n’empêche pas l’enquête de continuer … Continuer la lecture de « Livre : « Arsène Lupin, l’aiguille creuse » Leblanc »